
Contrairement à l’idée reçue que le corps ne fait que « garder en mémoire » un trauma, la réalité est plus profonde : un choc ancien place le système nerveux dans un état de figement durable. La véritable guérison ne consiste pas à simplement « libérer une émotion », mais à réapprendre activement à ce système à sortir de l’alerte. L’ostéopathie somato-émotionnelle est une des clés de cette reprogrammation, utilisant le toucher pour dialoguer avec le corps et lui redonner les moyens de s’auto-réguler.
Cette douleur dans le dos qui revient sans cesse malgré les traitements, cette sensation d’oppression tenace ou cette fatigue chronique que rien ne semble justifier… Et si ces symptômes n’étaient pas seulement mécaniques ? Si votre corps essayait de raconter une histoire que votre esprit a oubliée ou mise de côté ? En France, où près de 3 Français sur 5 consultent un ostéopathe, beaucoup viennent pour un mal de dos et découvrent une connexion inattendue entre leurs tensions physiques et un vécu émotionnel intense.
L’approche classique consiste souvent à traiter le symptôme localement. On vous conseille de vous détendre, de « gérer votre stress » ou de suivre une thérapie verbale pour « parler » de vos problèmes. Ces approches sont utiles, mais elles oublient souvent une pièce maîtresse du puzzle : le corps lui-même n’est pas qu’un réceptacle passif. Il est le théâtre, l’archive et parfois la prison du trauma. Mais si la véritable clé n’était pas de forcer le corps à lâcher prise, mais de comprendre son langage pour l’aider à se réinitialiser ?
C’est précisément l’angle de l’ostéopathie somato-émotionnelle. Elle part du principe qu’un trauma n’est pas une « idée » mais un état neuro-physiologique de survie (combat, fuite ou figement) resté actif. Cet article vous propose de plonger au cœur de ces mécanismes. Nous verrons pourquoi des larmes peuvent survenir durant un soin, comment des pratiques comme le yoga ou le tapping agissent sur les mêmes leviers neurologiques, et comment des exercices simples peuvent aider votre système nerveux à retrouver son calme. C’est un voyage pour comprendre comment le toucher peut déverrouiller ce que les mots seuls ne peuvent atteindre.
Cet article explore les différentes facettes de l’alliance entre le corps et l’esprit pour apaiser les mémoires traumatiques. Le sommaire ci-dessous vous guidera à travers les mécanismes et les outils pratiques de cette approche intégrative.
Sommaire : Corps et mémoire : les clés pour libérer les traumatismes
- Pourquoi pleure-t-on parfois pendant une séance de massage profond ou de yoga ?
- Yoga traumato-sensible : en quoi est-ce différent d’un cours de yoga classique ?
- Comment stimuler votre nerf vague pour sortir de l’état de figement ?
- L’erreur de faire une psychothérapie sans jamais inclure le corps dans le processus
- Tapping : comment tapoter des méridiens peut-il calmer une peur irrationnelle ?
- Pourquoi les animaux tremblent-ils après un danger et pourquoi devriez-vous le faire ?
- Comment faire disparaître cette sensation d’étouffement quand vous êtes contrarié ?
- Comment l’exercice de la « salamandre » peut-il calmer votre cœur en 30 secondes ?
Pourquoi pleure-t-on parfois pendant une séance de massage profond ou de yoga ?
Il est fréquent qu’un patient, venu pour une douleur lombaire, se retrouve soudainement submergé par une tristesse ou une colère intense sur la table d’ostéopathie. Ces larmes ne sont pas un signe de faiblesse, mais souvent le premier signal d’un processus de libération somato-émotionnelle. Lorsqu’un praticien travaille sur des zones de tension tissulaire profonde, notamment les fascias, il ne relâche pas seulement un « nœud » musculaire. Il dialogue avec une zone où le système nerveux a stocké l’énergie d’un stress ou d’un choc non résolu. La libération physique des tissus permet au système nerveux de passer du mode « alerte » (sympathique) au mode « repos et digestion » (parasympathique), et cette transition peut s’accompagner de la décharge d’émotions enkystées.
Il est crucial de distinguer une libération cathartique saine d’une abréaction, qui s’apparente à une re-traumatisation. Une libération saine est souvent suivie d’un sentiment de soulagement, de légèreté et d’une respiration plus ample. Le patient se sent écouté et en sécurité. À l’inverse, une abréaction se caractérise par une sensation d’être submergé, une dissociation (se sentir en dehors de son corps) et une anxiété qui peut s’intensifier après la séance. Un praticien formé en approche somato-émotionnelle sait créer un cadre sécurisant pour éviter cela, en verbalisant, en maintenant le contact et en donnant toujours au patient le contrôle pour arrêter le processus.
L’approche d’Elise Connan, ostéopathe à Vertou, illustre bien cette pratique. Elle n’utilise que des techniques douces et un toucher non intrusif pour permettre au corps de « parler » à son propre rythme. Les séances, espacées de plusieurs semaines, visent à ce que le patient ressente un apaisement progressif, où les douleurs physiques diminuent en même temps que la charge émotionnelle associée. C’est la preuve que le corps ne demande qu’à guérir, à condition qu’on lui en donne l’espace et la sécurité.
Yoga traumato-sensible : en quoi est-ce différent d’un cours de yoga classique ?
Si l’ostéopathie somato-émotionnelle est une voie passive pour dialoguer avec le corps, le yoga traumato-sensible (TCTSY) en est la contrepartie active. Pour une personne ayant vécu un trauma, un cours de yoga classique peut être anxiogène : des instructions directives (« faites ceci »), des corrections physiques inattendues, une pression à « tenir la posture » malgré l’inconfort. Ces éléments peuvent réactiver involontairement le sentiment de perte de contrôle et d’impuissance lié au trauma. Le TCTSY renverse complètement cette dynamique. L’objectif n’est plus la forme extérieure de la posture, mais l’expérience intérieure de la personne.
Le principe fondamental est de redonner le pouvoir de choisir au participant. Le langage est fait d’invitations (« si vous le souhaitez, vous pouvez explorer… ») et d’options (« vous pouvez essayer de lever le bras, ou de le garder le long du corps, ou de l’imaginer bouger… »). Il n’y a aucun contact physique de la part de l’instructeur. Cette approche favorise l’interoception, c’est-à-dire la capacité à ressentir et à interpréter les signaux venant de l’intérieur de son propre corps. Pour quelqu’un qui a appris à se couper de son ressenti pour survivre, c’est une réappropriation fondamentale de son être.

Comme le souligne le Center for Trauma & Embodiment, le TCTSY est le premier protocole de Trauma Sensitive Yoga validé dans la prise en charge du trauma complexe. Le tableau suivant met en lumière les différences fondamentales avec une approche classique.
| Aspect | Yoga classique | Yoga traumato-sensible (TCTSY) |
|---|---|---|
| Approche pédagogique | Prescriptive (‘faites ceci’) | Interoceptive (‘observez ce qui se passe en vous’) |
| Ajustements physiques | Corrections manuelles courantes | Aucun contact physique |
| Langage utilisé | Directives, instructions précises | Invitations, propositions, choix multiples |
| Focus principal | Forme externe, alignement correct | Expérience interne, ressenti personnel |
| Formation requise | 200-500h de yoga teacher training | Formation spécifique TCTSY (20h minimum) + supervision |
| Validation scientifique | Bienfaits généraux reconnus | Premier protocole validé pour le trauma (NIH, SAMHSA) |
Comment stimuler votre nerf vague pour sortir de l’état de figement ?
Le point commun entre une séance d’ostéopathie réussie et une pratique de yoga adaptée au trauma est leur capacité à influencer le système nerveux autonome (SNA). Le véritable chef d’orchestre de notre état interne est le nerf vague. Il possède une branche « ventrale » associée au calme, à la sécurité et à la connexion sociale, et une branche « dorsale » qui gère l’état de figement (freeze) ou d’effondrement, une stratégie de survie ultime. Un trauma ancien maintient souvent le système en alerte (mode sympathique) ou bloqué en mode « figement dorsal ». Le but des thérapies psychocorporelles est de réactiver la branche ventrale pour signaler au corps que le danger est passé.
Heureusement, il est possible de stimuler directement ce nerf vague par des actions simples. On peut distinguer les techniques « d’urgence » pour un effet immédiat et les pratiques de fond pour « muscler » son tonus vagal sur le long terme. Le tonus vagal est la capacité de votre corps à passer rapidement d’un état de stress à un état de calme. Plus il est élevé, plus vous êtes résilient. Des études ont d’ailleurs montré l’efficacité de ces techniques, notamment une réduction significative du stress et de l’anxiété chez les infirmières durant la pandémie grâce à des pratiques de libération émotionnelle.
La beauté de cette approche est qu’elle vous redonne du pouvoir. Plutôt que de subir passivement un état d’anxiété ou de léthargie, vous disposez d’une boîte à outils concrète pour agir sur votre propre physiologie. La co-régulation, c’est-à-dire l’interaction apaisante avec autrui ou même un animal, est aussi un puissant activateur du nerf vague ventral.
Votre plan d’action pour réguler le nerf vague
- Kit d’urgence vagal (effet immédiat) : Appliquez de l’eau froide sur votre visage pour activer le réflexe de plongée, pratiquez le soupir physiologique (2 inspirations nasales courtes suivies d’une longue expiration buccale), ou gargarisez-vous avec de l’eau tiède pendant 30 secondes.
- Musculation vagale de fond (pratique régulière) : Intégrez 5 minutes de cohérence cardiaque 3 fois par jour, prenez l’habitude de chanter ou fredonner (les vibrations stimulent le nerf vague dans la gorge), ou pratiquez une séance de yoga restauratif par semaine.
- Co-régulation sociale : Engagez une conversation calme avec une personne de confiance, caressez un animal (le ronronnement d’un chat vibre à une fréquence régulatrice), ou offrez-vous un câlin d’au moins 20 secondes pour libérer de l’ocytocine, l’hormone de l’attachement.
- Audit de vos signaux corporels : Prenez 1 minute pour noter où vous ressentez la tension. Est-ce une mâchoire serrée ? Des épaules hautes ? Une respiration courte ? Identifier le signal est la première étape pour y répondre.
- Plan d’intégration : Choisissez UNE technique du kit d’urgence et UNE pratique de fond. Intégrez-les dans votre routine pendant une semaine et observez les changements, même minimes, dans votre état général.
L’erreur de faire une psychothérapie sans jamais inclure le corps dans le processus
En France, la tradition intellectuelle a longtemps favorisé une séparation nette entre le corps et l’esprit. Comme le souligne une analyse culturelle de la pratique thérapeutique, le dualisme cartésien (‘Je pense, donc je suis’) a profondément influencé la psychologie, privilégiant les thérapies par le verbe et créant un retard historique dans l’intégration du corps par rapport aux pays anglo-saxons. Or, vouloir « résoudre » un trauma uniquement par la parole, c’est comme essayer de réparer un bug logiciel en ne parlant qu’à l’utilisateur, sans jamais accéder au code source de l’ordinateur.
Le « code source » du trauma est logé dans le système nerveux autonome et les tissus du corps. Quand un événement est trop intense pour être traité par le cortex préfrontal (la partie rationnelle de notre cerveau), l’amygdale (notre détecteur de danger) et le tronc cérébral prennent le relais. Les réactions de survie sont alors involontaires et non verbales. On ne « décide » pas de se figer de peur ou d’avoir le cœur qui s’emballe. Tenter de rationaliser ces réactions après coup est souvent insuffisant, car la mémoire de l’événement reste active dans le corps sous forme de tensions, d’hypervigilance ou de dissociation.
Heureusement, la France n’est pas dépourvue de ponts entre ces deux mondes. Une spécificité française, la psychomotricité, illustre une tentative précoce et réussie d’intégration. Cette profession paramédicale, issue d’une formation de trois ans, travaille sur les interactions entre les fonctions motrices, sensorielles, émotionnelles et cognitives. Les psychomotriciens collaborent étroitement avec les psychiatres et psychologues, notamment en institution, offrant une approche complémentaire reconnue et même partiellement remboursée pour les enfants. C’est la preuve qu’une approche holistique, qui considère la personne dans sa globalité psycho-corporelle, est non seulement possible mais nécessaire.
Tapping : comment tapoter des méridiens peut-il calmer une peur irrationnelle ?
À première vue, la technique du « tapping » ou EFT (Emotional Freedom Techniques) peut sembler étrange. Se tapoter doucement sur des points du visage et du torse en verbalisant une peur… comment cela pourrait-il fonctionner ? La réponse se trouve, encore une fois, dans la régulation du système nerveux. L’EFT combine une exposition cognitive (on pense à la peur) avec une stimulation physique qui envoie un signal de calme au cerveau. Les points tapotés correspondent à des terminaisons de méridiens d’acupuncture, qui sont de véritables autoroutes d’information neuro-énergétique.
En stimulant ces points tout en étant confronté mentalement à la source du stress, on crée un « court-circuit » bienveillant. Le cerveau reçoit deux informations contradictoires : « il y a un danger (la pensée) » et « tout va bien (le tapotement) ». Ce signal de sécurité physique, répété, permet de « déconditionner » la réponse de l’amygdale. La connexion neuronale « araignée = panique » est progressivement remplacée par « araignée = je peux rester calme ». De nombreuses recherches confirment d’ailleurs l’efficacité de cette approche, et l’EFT est aujourd’hui qualifiée de ‘evidence-based practice’ pour des problématiques comme les phobies, la dépression ou le stress post-traumatique.
Jean-Michel Gurret, psychothérapeute et formateur en EFT clinique en France, offre une analogie simple et parlante : « Le Tapping est à la peur ce que le fait de se bercer est à la tristesse : un geste simple, presque instinctif, qui utilise le corps pour réguler le cerveau ». C’est une technique d’auto-régulation puissante que l’on peut apprendre et utiliser de manière autonome pour gérer les pics d’anxiété ou désamorcer des peurs profondément ancrées.
Pourquoi les animaux tremblent-ils après un danger et pourquoi devriez-vous le faire ?
Avez-vous déjà observé un chien après une grosse frayeur, ou une gazelle qui vient d’échapper à un prédateur ? Une fois le danger écarté, l’animal est souvent secoué de tremblements incontrôlables pendant quelques minutes, avant de repartir comme si de rien n’était. Ce mécanisme, que nous, humains, avons appris à réprimer par convenance sociale, est en réalité un processus de réinitialisation neurologique fondamental. Durant la phase de danger, le corps a mobilisé une immense quantité d’énergie de survie pour le combat ou la fuite. Si cette énergie n’est pas utilisée, elle reste « coincée » dans le système nerveux, conduisant à l’état de figement et aux symptômes post-traumatiques.
Le tremblement neurogénique est la manière qu’a le corps de « brûler » cet excès d’énergie et de décharger la tension accumulée dans les muscles profonds, notamment le psoas. C’est un processus entièrement involontaire, piloté par le tronc cérébral. En nous autorisant à trembler, nous permettons à notre système de compléter son cycle de survie et de revenir à un état de base apaisé. Comme le résume une analogie éclairante, « le tremblement post-trauma est comme le redémarrage d’un ordinateur après un bug. C’est le système nerveux qui se réinitialise pour revenir à ses paramètres de base ».
Des approches comme la méthode TRE (Trauma & Tension Releasing Exercises) proposent des séries d’exercices simples pour réactiver en toute sécurité ce mécanisme naturel. L’idée n’est pas de « forcer » le tremblement, mais de créer les conditions pour qu’il puisse émerger si le corps en a besoin. En position allongée, après avoir légèrement fatigué les muscles des jambes, on observe simplement ce qui se passe, sans jugement. C’est une manière profonde de faire confiance à l’intelligence innée du corps et de le laisser achever un processus interrompu parfois des années auparavant.
Comment faire disparaître cette sensation d’étouffement quand vous êtes contrarié ?
La fameuse « boule dans la gorge » qui apparaît quand on est contrarié, anxieux ou triste est une manifestation somatique extrêmement courante. Médicalement nommée « globus pharyngis », cette sensation d’avoir une masse qui empêche de déglutir ou de respirer n’est pas imaginaire. Elle est due à un spasme du muscle crico-pharyngien, un anneau musculaire situé en haut de l’œsophage. Ce spasme est une réponse directe du système nerveux autonome à un stress émotionnel, particulièrement lorsqu’on réprime l’expression d’une émotion (« ravaler ses larmes », « ne pas dire ce qu’on pense »).
Ce phénomène physiologique bien documenté, qui toucherait jusqu’à 45% des personnes en période de stress intense, est un parfait exemple du lien direct entre une émotion non-exprimée et une tension physique. En ostéopathie, on considère cette zone (gorge, cervicales, base du crâne) comme un carrefour essentiel où passent des nerfs crâniens majeurs, dont le nerf vague. Une tension chronique dans cette région peut perturber sa fonction et maintenir un état d’alerte généralisé. Le corps nous envoie un signal très clair : « quelque chose reste en travers de la gorge ».
Plutôt que de subir cette sensation désagréable, il existe un arsenal de techniques simples pour la soulager rapidement en agissant directement sur les muscles et les nerfs impliqués :
- Bâillement volontaire : Simuler un grand bâillement plusieurs fois de suite permet d’étirer tous les muscles de la gorge et du larynx.
- Étirement du « Singe qui chante » : Ouvrez grand la bouche tout en tirant la langue le plus bas possible vers le menton. Maintenez 5 secondes.
- Gargarismes : Se gargariser avec de l’eau tiède salée fait vibrer et détend la zone.
- Petites gorgées d’eau : Boire lentement force la déglutition et peut aider le spasme à se relâcher.
- Écriture expressive : Consacrer 10 minutes à écrire librement tout ce qui n’a pas été dit peut avoir un effet libérateur surprenant sur la tension physique.
Les points essentiels à retenir
- Le trauma n’est pas une simple « mémoire », mais un état de figement du système nerveux autonome qui reste bloqué en mode survie.
- Le corps possède des mécanismes naturels d’auto-régulation (soupirs, bâillements, tremblements) pour décharger l’énergie de survie et revenir au calme.
- Des approches douces comme l’ostéopathie, le yoga traumato-sensible ou le tapping ne « forcent » rien ; elles créent un cadre sécurisant pour réactiver ces mécanismes de guérison innés.
Comment l’exercice de la « salamandre » peut-il calmer votre cœur en 30 secondes ?
Après avoir exploré les grands mécanismes de régulation, il est utile d’avoir un outil « couteau suisse », une technique simple, rapide et discrète pour apaiser le système nerveux en quelques instants. C’est ce que propose Stanley Rosenberg, thérapeute crânio-sacré, avec son « exercice de base », souvent surnommé l’exercice de la salamandre en raison du mouvement oculaire. Cet exercice a un effet direct sur la branche ventrale du nerf vague, celle qui induit la relaxation et le sentiment de sécurité.
Le principe est d’une simplicité désarmante. Allongé, les doigts croisés derrière la tête pour soutenir le crâne, vous gardez la tête droite et vous tournez uniquement les yeux le plus loin possible vers la droite. Vous maintenez cette position sans forcer, en respirant normalement, jusqu’à ce qu’un signe de relâchement du système nerveux apparaisse : un soupir, un bâillement, une envie de déglutir. Cela prend généralement entre 30 et 60 secondes. Ensuite, vous ramenez les yeux au centre et répétez l’exercice de l’autre côté. Ce simple mouvement oculaire permet de relâcher les muscles sous-occipitaux, de minuscules muscles à la base du crâne qui entourent le passage du nerf vague. Libérer cette micro-tension a un effet quasi instantané sur tout le système.
Comme l’explique Stanley Rosenberg dans son ouvrage « Stimuler le nerf vague pour faciliter la guérison », une série d’exercices faciles à réaliser permet d’induire une relaxation profonde et d’améliorer le sommeil. La « salamandre » est le plus fondamental de tous. C’est une démonstration éclatante que des actions corporelles minimes peuvent avoir des effets physiologiques majeurs. C’est le pouvoir de la précision, de l’écoute fine du corps et de la connaissance des leviers qui gouvernent notre bien-être intérieur.
En définitive, que ce soit par le toucher de l’ostéopathe, le choix offert par le yoga TCTSY ou un simple mouvement des yeux, toutes ces approches convergent vers un même but : restaurer le dialogue avec un corps qui n’a jamais cessé de nous parler. Elles nous apprennent que la guérison d’un trauma ancien n’est pas une lutte, mais une réconciliation. Pour mettre en pratique ces conseils, l’étape suivante consiste à obtenir une analyse personnalisée de votre situation auprès d’un praticien qui saura vous accompagner avec écoute et sécurité.